J'oscille



Pourrais-je un jour partir ?

Tout laisser derrière moi,

Poser mon stylo, me lever et partir ?

N’est-ce pas ce que j’ai fait il y a quelques années

Six

Contrainte, forcée.

Etait-ce moi, était-ce lui, était-ce ainsi ?

Cet enchevêtrement de vies, perméables, imbriquées.

Cet amalgame de pensées, de mots, de ressentis.

Y-a-t’il un moment pour partir ?

Le bon moment je veux dire.

Celui qui permettrait de ne pas souffrir.

Illusoire.

Quand tu pars ça fait mal,

Quand l’autre part ça fait mal,

Au final, ça fait mal.

Dommages frontaux ou collatéraux,

Des qui s’immiscent sous la peau,

Te suivent, encore et encore.

Ça prend longtemps pour les faire sortir.

Est-ce possible complètement ?

Est-ce qu’il ne reste pas toujours un peu de couleurs en transparence ?

C’est par où le chemin de la résilience ? Tu sais toi ? T’as un conseil à me donner ?

J’arrête, y’en a qui vont penser que je vais mal …

En même temps y aurait de quoi, non ?

C’est quoi cette saison ! C’est quoi cette année ?

Elle avait pourtant si bien commencée,

et puis il y a eu comme un décalage, un grain de sable dans les rouages.

J’suis partie, j’suis revenue, c’était plus pareil.

Et plus ça va, plus c’est prenant.

Alors oui, je sais, moi les émotions, les ressentis, les sensations, je suis plutôt dans la déraison.

Droguée à l’intensité de la vie, j’ai besoin de la ressentir en moi.

Quand ça palpite, frémis, s’intensifie,

Quand il y a de la passion, des frissons.

Ça se passe à l’intérieur, pas toujours visible de l’extérieur.

Et en ce moment, cette vie entre quatre murs…

Même s’ils sont beaux mes murs, même s’ils s’ouvrent en fenêtres sur la nature, même s’ils abritent tout l’amour du monde … il me murent, me restreignent, m’éteignent par moment.

Ils me privent de mon sel, de mon piment.

J’alterne, j’oscille, je me démène.

Je me donne tout ce que je peux d’amour, de tendresse.

Je danse dans ma cuisine en rêvant de concert.

Moi si peu nostalgique je me prends à revisiter mon passé.

J’en profite aussi, de ce temps suspendu, pour rêver mon avenir, poser les bases d’un futur qui me donne le sourire et éveille en moi un élan comme je n’en avais pas senti depuis très longtemps.


Avec coeur ♡

Virginie


Photo : Lorna Kijurko


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