• Virginie b.

régimes !



C’est le printemps, et dans les marronniers* des magazines féminins il y a écrit en gros REGIME MINCEUR ! Et c’est repartit pour les titres alléchants : « Kilos : fondez de plaisir ! » « Régimes de stars : comment elles gardent la ligne » « 5 bonnes raisons de se faire une "rehab minceur" » « Mincir en dormant » ...

Je sais de quoi je parle, j’ai passé plus de 20 ans de ma vie au régime. Ou plutôt 20 ans de ma vie à faire des régimes, certains relativement sérieux, d’autres assez étonnant ! Là, ceux qui me connaissent vont être tentés de me dire : mais tu n’es pas grosse et tu n’as jamais été grosse ?

Qui a dit qu’il fallait être gros pour faire des régimes ? Pas moi en tout cas. Je n’ai jamais été en surpoids -sauf après mes grossesses- par contre je me suis toujours considérée comme grosse donc, il fallait que je perde du poids. Et puis j’entretenais avec la nourriture une relation dans laquelle ELLE (la nourriture) occupait une place et une fonction qui dépassait de beaucoup la fonction principale qu’elle était sensée occuper, c'est-à-dire nourrir mon corps pour qu’il soit en bonne santé.

Je passais donc ma vie à entreprendre des régimes qui m’amenaient à des périodes d’hyper contrôle de ce que je mangeais ce qui me permettait de perdre 3 ou 4 kilos. Au bout de quelques mois, je craquais. Normal, l’hyper contrôle ce n’est pas facile à tenir très longtemps. Et je reprenais les 3 ou 4 kilos perdus (parfois un peu plus). Devant ce constat je repartais pour une phase de régime et d’hyper contrôle.

Ce qui fait que pendant 20 ans, j’ai passé mon temps à perdre 3 kilos puis à les reprendre puis à les reperdre et ainsi de suite. Mon poids restait à peu près stable mais je n’ose imaginer le nombre de kilos pris et perdu au total et le travail que cela a représenté pour mon corps …

Cela provoquait en moi de la joie (devant les kilos perdus) mais surtout de la frustration (à ne pas réussir à en perdre plus), de la culpabilité (devant les kilos repris ou à chaque fois que je mangeais quelque chose que j’identifiais comme grossissant alors que j’étais en période de régime), des jugements négatifs sur moi (de voir que je n’étais pas capable de me contrôler tout le temps), etc.

Ça, c’est ce qui se passait à l’intérieur de moi … et à l’extérieur alors ? Quel impact sur mon entourage ? Beaucoup d’incompréhension, de tension, de frustration. Pas facile de vivre avec une girouette qui tantôt se prive de tout, tantôt mange n’importe quoi.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre que je n’avais pas un problème de poids mais un problème relationnel avec la nourriture. Lorsque je disais « je fais un régime » les yeux s’écarquillaient, on me disait « mais tu n’en as pas besoin » ou « il faut que tu manges sinon tu vas devenir anorexique » y compris les médecins ou les thérapeutes à qui j’en ai parlé.

Pas un ne m’a pris au sérieux, pas un n’a compris la véritable détresse dans laquelle j’étais. Je n’étais pas en surpoids, je n’avais pas de problème de santé, le reste était affaire de coquetterie.

Mais moi j’étais enfermée dans un cercle vicieux. Ne sachant pas comment apaiser ma relation à la nourriture, je vivais dans l’excès ou dans la restriction. Je ne savais pas comment faire autrement.

Alors pendant longtemps je me suis tue, j’ai gardé tout ça pour moi et je me suis débrouillée entre mes régimes et mes crises d’euphorie alimentaire. J’ai géré comme j’ai pu les émotions, les frustrations. M’infligeant punitions et récompenses selon les moments.

Et puis j’ai entamé ma formation au coaching …

Lorsque j’ai commencé cette formation, j’étais dans une phase régime (encore une !) et au bout de quelques mois, tout à volé en éclat. Avec ce que j’avais appris sur moi, sur ma façon de fonctionner, ça ne marchait plus, je ne pouvais plus être dans l’hyper contrôle, impossible !

Angoisse. Qu’allait-il se passer ? Comment allais-je faire pour gérer ça ?

Il était sûr que j’allais forcément me mettre à grossir, grossir … puisque, j’en étais persuadée, il n’y avait que le contrôle de moi qui me permettait de ne pas être énorme.

Et en même temps j’étais face à une évidence : l’hyper contrôle était une aberration, je n’avais plus envie de fonctionner ainsi, je ne le pouvais tout simplement plus.

Alors j’ai accepté et j’ai lâché prise.

Cela m’a permis d’entreprendre un travail sur mes envies, sur les comportements qui me faisaient manger alors que ce n’était pas d’aliments dont j’avais besoin et sur l’écoute de mon corps qui me dit quand il a faim et quand il n’a plus faim. [et bonne nouvelle, lorsqu’on ne mange que lorsqu’on a faim, on peut manger ce dont on a envie !]

Aujourd’hui je constate que si je m’écoute, moi, mes envies, ma faim, ma satiété, ma fatigue, ma tristesse, ma joie, mon besoin de réconfort ou de bouger mon corps ; je mange ce dont mon corps a besoin et pas plus. Et je me fais plaisir en mangeant ce que j’aime, y compris frittes et chocolat, si si !

Le coaching m’a apporté bien plus qu’une perte de poids. Aujourd’hui je me suis réconciliée avec la nourriture, j’ai arrêté de faire des régimes, je ne culpabilise plus lorsque je mange et mon poids est stable sans que je le contrôle. Et, cerise sur le gâteau j’ai même perdu 2 kilos.

Alors stop aux régimes et vive le coaching !

* rien à voir avec les marrons, un marronnier est un calendrier qui reprend les sujets qui reviennent tous les ans à peu près aux mêmes dates.


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